Barbara

Chapeau bas

Est-ce la main de Dieu,
Est-ce la main de Diable,
Qui a tissé le ciel, De ce beau matin-là,
Lui plantant dans le coeur,
Un morceau de soleil,
Qui se brise sur l'eau,
En mille éclats vermeils?

Est-ce Dieu,
Est-ce Diable,
Qui a mis sur la mer,
Cet étrange voilier,
Qui, pareil au serpent,
Semble se déplier,
Noir et blanc, sur l'eau bleue,
Que le vent fait danser?

Est-ce la main de Dieu,
Est-ce la main de Diable,
Ou les deux à la fois,
Qui, un jour, s'unissant,
Ont fait ce matin-là?
Est-ce l'un, est-ce l'autre?
Vraiment, je ne sais pas,
Mais, pour tant de beauté,
Merci, et chapeau bas.

Est-ce la main de Dieu,
Est-ce la main de Diable,
Qui a mis cette rose,
Au jardin que voilà?
Pour quel ardent amour,
Pour quelle noble dame,
La rose de velours,
Au jardin que voilà?

Et ces prunes éclatées,
Et tous ces lilas blancs,
Et ces grosseilles rouges,
Et ces rires d'enfants,
Et Christine si belle,
Sous ses jupons blancs,
Avec, au beau milieu,
L'éclat de ses vingt ans.

Est-ce Dieu, est-ce Diable,
Ou les deux à la fois,
Qui un jour, s'unissant,
Ont fait ce printemps-là?
Est-ce l'un, est-ce l'autre?
Vraiment, je ne sais pas,
Mais, pour tant de beauté,
Merci et chapeau bas.

Le voilier qui s'enfuit,
La rose que voilà,
Et ces fleurs, et ces fruits,
Et nos larmes de joie,
Qui a pu nous offrir,
Toutes ces beautés-là,
Cueillons-les sans rien dire,
Va, c'est pour toi et moi.

Est-ce la main de Dieu,
Et celle du Malin,
Qui, un jour, s'unissant,
Ont croisé nos chemins?
Est-ce l'un, est-ce l'autre?
Vraiment, je ne sais pas,
Mais, pour cet amour là,
Merci et chapeau bas.

Mais pour toi et pour moi,
Merci et chapeau bas.

(Barbara/Barbara)