Barbara

Il Automne

Il automne, à pas furtifs,
Il automne à pas feutrés,
Il automne à pas craquants,
Sous un ciel pourpre et doré,
Sur les jardins dénudés,
Se reflètent. en transparence,
Les brumes d'automne rouillées,
Rouillées,
Dans la forêt de tes cheveux,
Aux senteurs de poivres mêlés,
Et sur nos nuits de mi Novembre,
Il automne miraculeux,
Il automne miraculeux,

Il automne, il automne des chrysanthèmes,
Sur leurs deux coeurs endeuillés,
Il automne des sanglots longs,
Sous un ciel gris délavé,
Et de la gare au cimetière,
Où ils reviennent chaque année,
De banc de bois en banc de pierre,
Et jusqu'à la dernière allée,
On les voit d'escale en escale,
Qui n'en peuvent plus d'être vieux,
Sur ce chemin de leur calvaire,
Qu'ils refont depuis tant des années,
Il automne désespéré,
Il automne désespéré,

Il automne, il automne,
Il automne des pommes rouges,
Sur des cahiers d'écoliers,
Il automne des chataignes,
Aux poches de leur tablier,

Regarde un peu les mésanges,
En haut du grand marronnier,
Il y a des rouges-gorges,
Au jardin de Batignolles,
Et les enfants de Novembre,
Croient que sont venus du ciel,
Ces petits oiseaux de plumes,
Échappés d'un arc-en-ciel,
Pour les enfants de Novembre,
Qui ramènent, émerveillés,
Un peu de l'automne rousse,
Au fond de leur tablier,
Il automne le paradis,
Bien plus beau que le paradis,

Il automne, il automne,
Il automne à pas furtifs,
À pas feutrés,
À pas craquants,
Et sur nos nuits de mi Novembre,
Il automne miraculeux,
Miraculeux, mon amour.

(Barbara/Barbara)